je crois que j'ai un petit moment de libre..... [hum, je croyais]
La miss est arrivée avec un jour d'avance, à Sarrus Teinturiers.
Cela faisait déjà 3 semaines que j'avais de fausses alertes, faux travail etc, je ne m'étais pas déplacée et je m'étais habituée, donc super cool. Vers 22h00, petite contraction. Je me dis, ça recommence, spasfon, bain, cool.... Sauf que quand même, les contractions ne diminuaient pas. Je demande, du fond de mon bain, un réveil à Eric et je me rends compte que je suis déjà à une contraction toute les 5 minutes. C'était déjà arrivé, donc reeelax, j'appelle la mater, je leur dis que j'ai pas mal, que je suis bien chez moi, elles me disent de prendre mon temps. Rapidement ça commence à tirer, on appelle l'ambulance (ben oui, zhom s'était cassé la jambe, il ne pouvait pas conduire!). Je fais un bisous à Tibô qui reste avec Mamie, et j'attends 1/2 heure l'ambulance (ya une nana qui s'est pas réveillée...). 30 minutes de route, 11 contractions, je suis donc à une contraction toutes les 3 Minutes quand j'arrive à la mater à 1h00. Je veux marcher, mais chaque contraction me fait tomber à genoux, je ne tiens pas sur mes jambes....
On m'accueille, pose du monito, et une très gentille SF m'annonce calmement que je vais accoucher ce soir.
Moins drôle, elle me dit que je ne suis qu'à 3...
Je lui tends mon projet de naissance, elle le lit, revient me demander des précisions. Je la remercie mille fois, car elle m'a aidé à m'y tenir, a toujours été à mon écoute, mon seul regret est de m'être aperçu trop tard que son nom ne figurait pas dans le carnet de santé.....
Je suis accompagnée en salle de naissance, lumières tamisées, je m'installe sur un ballon, cela me soulage, un peu.... Je sens l'hypoglycémie arriver, (ce qui me rend trèèèès irritable), à ma demande on m'injecte du glucose (avec une seringue dans la "voie fermée", je n'ai pas de fil à la patte), ouf ça me redonne des forces. Les contractions sont désormais très rapprochées, très violentes, je ne peux pas me reposer entre. Loin derrière moi, j'entends mon mari demander pourquoi je suis sans cesse agitée de tremblements incontrôlés :
- C'est la douleur, monsieur.
Je contrôle encore du fond de mon esprit, je chante comme me l'a montré l'haptonothérapeute, cela m'aide beaucoup, mais je sais que je ne tiendrai pas jusqu'au bout sans péri, de toute façon ce n'était pas mon objectif. J'entends l'anesthésiste passer, je dis on y va ; La SF m'encourage à attendre, mais je sais que de toute façon je la demanderai. Donc on y va. (berk). A ce moment là, je suis seulement à 5.... Et je me félicite d'avoir "craqué"! J'ai droit à l'ocyto, mais pas au perçage de la poche des eaux qui se fissurera toute seule plus tard (au moment où la SF m'informait qu'il était temps de le faire).
Grand moment de répit. Je me repose. le lit de naissance est immense et bouge dans tous les sens, la SF me propose différents mouvements et positions pour aider la puce à descendre ; je fais rouler le ballon sous mes jambes, je me tourne dans tous les sens.
Par contre je ne suis pas ravie de la péri : je ne sens plus rien. Je demande très vite à la SF de baisser le truc automatique; elle le baisse. Ca ne va toujours pas, mais il est déjà au minimum. Elle me propose de l'arrêter complètement. Super. Au bout d'un moment j'aurai à nouveau très mal, on la remettra en route mais léger; la SF s'opposera à la mettre trop fort, car alors je perdrais toute sensation, ce qui était contraire à mon projet de naissance.
Vers 5h00 (???), la SF revient, me dit que c'est presque bon, me demande si j'ai envie de pousser. Non. Je sens les contractions, sans qu'elles soient trop douloureuses; par contre je sens parfaitement tout ce qui se passe en dessous du nombril. Et je n'ai pas envie de pousser, je ne veux plus accoucher, j'ai peur... La SF s'en va et nous laisse, Eric et moi, dans la pénombre. Merci, en fait c'est ce que je voulais. Je suis tout au fond de moi, seule avec ma puce, et tout doucement je lui propose de faire le chemin avec moi. Très doucement, je l'invite à venir. Je suis sur le côté, ma position préférée; je la fais aller et venir, c'est comme faire l'amour tout doucement. Je contrôle parfaitement, elle fait son chemin tout en douceur; je la laisse remonter quand j'ai trop mal, puis on recommence.... jusqu'à ce que, surprise, elle passe le bassin et soit prête à sortir ! Affolée je la laisse remonter , j'appelle la SF qui arrive instantanément ! J'ai droit à l'injonction "poussez", mais je m'en fiche, on a déjà fait le chemin seules toutes les deux, hop elle repasse le bassin, la SF me demande de patienter, puis de très loin j'entends, très surprise :
- Madame , SVP, accepteriez vous de vous mettre sur le dos, car sinon vous risquez de vous déchirer ?
Je bascule sur le dos, et en faisant ce mouvement, à la surprise générale, sans aucun effort de ma part, sans aucune douleur ni aucun dégât, la tête d'Estelle apparait. [Les SF étaient TRES surprises de cette sortie... Elles n'ont eu qu'à réceptionner!!!]
La SF me met Estelle sur le ventre un petit moment, puis la pédiatre l'emmène 3 ou 4 minutes, juste le temps de la sécher , et me la ramène immédiatement en couche et la met en peau à peau sur moi. Elle me demande si je veux que l'on baigne Estelle maintenant, devant moi. Surprise, je demande si on peut s'en passer? oui, oui, cela peut attendre demain. Ma puce tétera au bout d'une heure 30, et restera accrochée au sein non stop pendant environ un mois.
Une super maternité, où les projets de naissance sont respectés (positions pendant le travail ET l'expulsion, pas d'épisiso, péri ou pas, dosage de la péri, peau à peau, intimité, respect, en fait....)où l'on encourage le sein, le cododo, où le bain n'est jamais obligatoire, où même le gyneco ne vous réveille pas, où personne ne vous examine si vous allez bien; Estelle ne sera mesurée, testée que le jour de sa sortie. Bref, je la recommande!