Je viens de lire le récit de Rachoo et je réalise que celui de la naissance de Lyvia n'y est pas. Je fais donc un copier/coller du site Accoucher Autrement sur lequel j'ai posté ce récit quelques jours apres la naissance de Lyvia. Pour plus de clarté je précise que P c'est philippe mon chéri et H la sage femme (Henny).Il fallait que j'écrive ça avant que le temps ne passe et me fasse oublier les petits détails de cette nuit d'amour.
On est mercredi, le 04 Mai, mon terme est dans 2 jours et depuis la veille mon ventre est "descendu", je sent bébé plus basse, en principe ça veut dire que c'est pour très bientôt.
Je tenais à faire une dernière séance de piscine mardi, c'est fait, je suis prête à laisser aller.
Après dîner on va coucher Tara comme tous les soirs vers 19h30; un bisou et elle s'endort tout de suite.
En redescendant à la cuisine ça tire un peu dans le ventre, tiens donc je reconnais cette sensation, c'est peut-être pour cette nuit.
Jusqu'a 22h30 ça continue, même intensité mais plus fréquentes, 15 minutes, 10 minutes. Bon allez j'appelle H. au moins pour la prévenir que ça peut être commencé.
Toute la soirée j'essaie de lire mais j'ai du mal à me concentrer et à trouver une position confortable. Bientôt je ne peut plus m'asseoir dans le canapé, je m'accroupis, appuyé sur le haut du clic-clac. Finalement je renonce au bouquin, de toutes manière il faut que je me lève de plus en plus souvent et c'est ce moment là qui est le plus désagréable.
Quand je sent une contraction qui arrive je marche doucement vers la cuisine, je m'appuie à la table et je bascule lentement le bassin de droite à gauche, avant en arrière, j'en profite pour vérifier l'heure à l'horloge du four.
0h30.je suis maintenant certaine que ça a bien commencé, ça passe de 7 à 5 minutes.
On s'installe mieux, P. descends la valise avec les alèzes,ma liquette bleue et les trois bricoles que H. m'a recommandé d'avoir sous la main:.
Depuis la fin d'après-midi le temps a tourné il fait un peu frais mais P. qui est sur aussi que bébé va arriver cette nuit a fait le plein de bois, le poêle ronronne et il fait de plus en plus chaud dans le salon. Il me demande ce que j'ai envie d'écouter, du classique indien, flûte et tabla, mes ragas préférés, il les connaît. On allume la petite lampe et une bougie, les flammes du poêle projettent une lumière douce dans la pièce.
1h45. Toujours toutes les 5 minutes mais plus intenses, ok je rappelle H. je suis presque désolée de la déranger à cette heure ci mais je sais que je vais bientôt avoir absolument besoin d'elle, je n'arrive plus à me détendre entre les contractions, j'ai mal aux jambes, je fatigue de rester debout. Si je m'accroupis je ne peux plus me relever, je regrette tous ces kilos (25) qui encombrent mon corps. La seule chose qui me soulage c'est cette lente danse du ventre , je me balance, je fait tourner mon bassin en soufflant de plus en plus fort, et chaque fin de contraction est comme une petite victoire sur la douleur, voilà, une de moins.
Je repense aussi a ces mots de Leboyer " se laisser porter par la vague", je surfe, surtout ne pas lutter, fermer les yeux, souffler, laisser passer, laisser faire.
2h45. J'entend la voiture de H. qui arrive, P. va l'accueillir, il revient avec un tabouret d'accouchement, je suis surprise , je ne savais pas qu'elle en avait un. Ils installent les alèzes, le tabouret devant le poêle, on discute entre les contractions mais rapidement ça devient trop intense et je n'ai plus envie de parler.
H. vérifie mon col, elle a un sourire superbe pour me dire c'est bon tu es bien avancée, j'ai sentie la tête de bébé rouler sous ses doigts. Elle confiera plus tard a P. que j'étais déjà dilatée a 6 (et dire que pour la première j'avais craqué pour la péri a 3)
Quand je suis assise sur le tabouret P. me masse les épaules, me soutiens les reins, parfois je me relève pour faire un petit tourde hulla hop, roulez de bassin et j'y retourne.
A partir de 3h30 environ je commence à perdre pied, j'ai beau essayer mon surf mental ce que je ressent tiens du tremblement de terre, mon souffle s'est mué en cri.
Je sent remonter des peurs du fond de mes entrailles, je retiens puis lâche un "MAMAN" j'ai envie de pleurer, je ne vais jamais y arriver.
H. est là accroupie devant moi, et je sent sa main sur ma cuisse et je l'entend de loin " ça va, tout va bien, ton bébé avance , ne t'inquiète pas." Elle m'empêche de partir trop loin dans la peur, je m'accroche a sa voix.
Tiens ça coule, la poche des eaux, pas percée d'un coup, parce que ça coule un petit peu à chaque contraction.
Mais c'est si fort, ça me remonte l'estomac,j'ai l'impression d'être sonnée comme un boxeur en plein combat. H. me rafraîchit le front avec des serviettes humides et fraîches, me propose de changer de position, je me retourne sur le tabouret , accroupie.
La contraction suivant m'emporte complètement, "doucement, doucement", j'entends ça de très très loin mais je ne maîtrise absolument plus rien, tout ce ce que je peux faire c'est crier " NOOOON ".
Et puis "Plof!"et je sent comme un petit ballon entre mes jambes, Grosse peur, qu'est ce qui se passe, est ce que tout va bien, c'est sa tête que j'ai senti? H. me rassure encore , oui ça y est , remet toi assise, je ferme les yeux, encore un raz de marée, cette fois je me laisse choir dans les bras de P. assis sur le canapé derrière moi. Je n'en peux plus, je ne pourrais pas.
J'appréhende la prochaine secousse mais H. se relève doucement et dans ses mains il y a ...... mon bébé !!!
Il est 4h du matin
Je n'y crois pas, mon bébé est là, sur moi, elle a les yeux grand ouverts, elle me regarde.
Je suis bluffée, déjà là, je croyais en avoir encore pour des heures !!!
En une seconde je passe de la peur intense à la joie immense. Ma bébé a les joues pleines, des petits cheveux, elles est toute rose. Je sent P. derrière moi qui tremble d'émotion, il me serre dans ses bras, je ris en répétant encore, "c'est mon bébé".
H. la pose sur mon sein et instantanément ça fait gloupss, une telle vigueur dans un si petit corps, ses joues se creusent, ça y est elle tête. H. me fait toucher le cordon qui bat encore, c'est chaud mais si petit, juste deux ficelles entourées l'une sur l'autre. Ensuite on attend le placenta, il prend son temps, H. me fait pousser, volontairement cette fois, ça sort mais il en reste un petit bout. Ils ouvrent le clic-clac, je m'installe avec mon trésor dans les bras.
Le temps est suspendu.
H. restera encore 2 heures, a s'occuper de moi et être sure que tout va bien avant de s'en aller pour un peu de repos bien mérité. Elle nous félicite, elle trouve qu'on a été super zen.. Moi je me suis sentie super flippée mais finalement pas tant que ça il semblerait.
Tara, désormais grande soeur de 21 mois se réveille comme d'habitude a 8 heures, P. va la chercher et nous rejoins. Elle est intriguée et amusée par ce petit être, elle la regarde longuement, elle sourit et la touche du bout du doigt. Même le chien est resté tranquille toute la nuit, une phrase tourne dans ma tête : Merci, Merci la Vie.
